J’ai testé les HIKMICRO Habrok 4K 2.0 : de vraies jumelles tout-en-un ?

Figure incontournable de la pratique du tir de nuit en Moselle, Julien Gingembre est reconnu pour son expertise de tout premier plan dans l’évaluation des systèmes d’imagerie thermique. Responsable d’un territoire parmi les plus structurés de son département, il organise chaque année six week ends de battue réunissant plus de 80 chasseurs par journée. Avec une moyenne annuelle d’une centaine de sangliers prélevés, il inscrit chacun de ses essais dans une réalité de terrain particulièrement exigeante, où la validation d’un équipement repose sur son engagement en action de chasse, en conditions réelles, jusqu’au prélèvement de l’animal. En tant que responsable de traque, Julien dispose d’une petite meute pour aller « au combat » et peut également tester de nombreux accessoires pour chiens. Sa parfaite maîtrise des carabines, optiques et munitions ainsi que des problématiques d’aménagement du territoire fait de lui un référent technique unanimement reconnu.

Marque

HIKMICRO

Produit

Habrok 4K 2.0

Note de la rédaction

★★★★

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 Jumelles numériques, thermique, intensificateur de lumière, télémètre laser… Sur le papier, les HIKMICRO Habrok 4K 2.0 promettent de réunir toutes les technologies d’observation dans un seul appareil. J’ai eu l’occasion de les utiliser lors de plusieurs sorties à l’affût, de jour comme de nuit, afin de vérifier si cette solution tout-en-un tient réellement ses promesses sur le terrain. Voici mon retour d’expérience.

Une ergonomie qui m’a immédiatement convaincu

Dès les premières minutes de prise en main, j’ai constaté que HIKMICRO avait énormément travaillé sur l’ergonomie de ces nouvelles Habrok. Le premier élément qui m’a marqué est le nouveau commutateur permettant de passer instantanément de la vision numérique à la vision thermique, il tombe parfaitement sous l’index.Le système de mise au point de l’image est également manœuvré par une mollette géré par l’index, elle est également idéalement placée, cela n’a plus rien à voir avec les anciens systèmes qui imposaient d’aller manipuler une bague située à l’avant des jumelles. Tout paraît beaucoup plus naturel. J’ai également apprécié la disposition des commandes. À gauche, on retrouve la mise en route, le mode veille, la photo, la vidéo et le télémètre laser. À droite, les menus et le zoom restent accessibles sans modifier la prise en main. Sur le terrain, ce genre de détail fait vraiment la différence. Autre point positif : le réglage de l’écartement interpupillaire est bien pensé, ce qui n’est pas toujours le cas chez certains concurrents. En revanche, j’aurais aimé que les molettes de réglage de la dioptrie disposent d’un système de verrouillage. Elles sont suffisamment fermes, mais elles peuvent malgré tout légèrement se dérégler lorsque les jumelles sont transportées.

Une détection thermique vraiment efficace

Là où les Habrok prennent tout leur sens, c’est au moment de rechercher le gibier. Le capteur thermique permet de faire ressortir immédiatement la chaleur des animaux dans le paysage. Lors d’une sortie en plein jour, j’ai pu repérer sans difficulté une compagnie de sangliers évoluant dans une herbe haute. Avec de simples jumelles classiques, je n’aurais probablement pas distingué les marcassins aussi rapidement. La sensibilité thermique est largement suffisante pour faire apparaître les faibles différences de température et détecter rapidement un animal, même lorsqu’il est partiellement masqué par la végétation. J’ai également apprécié la rapidité avec laquelle on peut basculer de la vision thermique à la vision numérique. Le passage est instantané, sans latence perceptible, ce qui permet d’identifier immédiatement ce que l’on vient de détecter.

Des résultats plus contrastés au crépuscule

C’est probablement sur cette partie que mon avis est le plus nuancé. J’ai principalement utilisé les Habrok à l’affût, notamment depuis un mirador fermé. Dans cette configuration, j’ai parfois rencontré quelques difficultés avec l’intensificateur de lumière. Les différences de luminosité entre l’intérieur du mirador et l’extérieur, ainsi que les reflets de l’éclairage infrarouge sur la végétation proche, compliquent parfois l’observation. L’illuminateur infrarouge de 940 nm présente un véritable avantage : il reste quasiment invisible pour le gibier. En revanche, il est logiquement moins puissant qu’un éclairage en 850 nm et sa portée s’en ressent. Oui, il permet de prolonger un peu les observations lorsque la nuit tombe, mais, dans ma pratique de la chasse, cet avantage reste relativement limité puisque les possibilités de tir du chevreuil sont alors terminées pour le chevreuil, le sanglier je me limite à l’utilisation du thermique pour son identification fine.

Un champ de vision thermique qui pourrait être amélioré

C’est certainement le principal point que je retiens après cet essai. Le grossissement minimal en mode thermique est relativement élevé, ce qui réduit le champ de vision. Au moment de rechercher un animal, je me suis retrouvé à balayer constamment le paysage de gauche à droite. Personnellement, j’aurais préféré disposer d’un grossissement beaucoup plus faible, proche de 1x, afin de couvrir une surface plus importante avant de basculer en vision numérique pour identifier précisément l’animal. À longue distance, le zoom numérique reste exploitable si l’on est parfaitement stable. Il permet d’identifier un brocard ou une chevrette, mais il ne remplacera pas une véritable longue-vue lorsqu’il s’agit d’analyser finement un trophée. En revanche, la présence d’un stabilisateur d’image intégré dans les optiques constitue un véritable atout. Il limite efficacement les tremblements lorsque l’on observe à fort grossissement, ce qui améliore nettement le confort d’utilisation et facilite l’identification du gibier, notamment lors des observations prolongées.

Le télémètre, une fonction que j’utilise réellement

Parmi toutes les fonctionnalités proposées, celle que j’utilise réellement sur le terrain reste le télémètre laser. La nuit, les distances sont souvent trompeuses et pouvoir les mesurer rapidement constitue un véritable atout. Le calculateur balistique intégré trouvera sans doute son public, notamment chez les adeptes du tir à longue distance. Pour ma part, cette fonction ne fait tout simplement pas partie de mes besoins à l’affût.

Une fabrication sérieuse

Les Habrok affichent un poids inférieur à 900 grammes, ce qui reste tout à fait raisonnable, surtout lorsqu’elles sont portées avec un harnais. J’ai également apprécié la qualité de fabrication. Les caches d’objectifs sont bien conçus, les lentilles sont légèrement en retrait afin d’être mieux protégées en cas de choc et le système de batteries interchangeables est particulièrement bien réalisé. Le remplacement est rapide, silencieux et inspire confiance.

Mon verdict

Après plusieurs sorties, je retiens avant tout une excellente ergonomie, une fabrication soignée et un fonctionnement particulièrement fluide entre les différents modes d’observation. Le tarif me paraît également cohérent au regard des technologies embarquées. En revanche, je reste personnellement réservé sur le concept des jumelles tout-en-un. Pour ma façon de chasser, je continue de préférer une bonne paire de jumelles optiques associée à un monoculaire thermique. Cette solution me fatigue moins les yeux lors des longues séances d’observation et correspond davantage à mes habitudes. Cela ne retire rien aux qualités des Habrok 4K 2.0. Les chasseurs qui souhaitent disposer d’un seul appareil capable de détecter, d’observer et de télémétrer y trouveront une solution particulièrement polyvalente.

Figure incontournable de la pratique du tir de nuit en Moselle, Julien Gingembre est reconnu pour son expertise de tout premier plan dans l’évaluation des systèmes d’imagerie thermique. Responsable d’un territoire parmi les plus structurés de son département, il organise chaque année six week ends de battue réunissant plus de 80 chasseurs par journée. Avec une moyenne annuelle d’une centaine de sangliers prélevés, il inscrit chacun de ses essais dans une réalité de terrain particulièrement exigeante, où la validation d’un équipement repose sur son engagement en action de chasse, en conditions réelles, jusqu’au prélèvement de l’animal. En tant que responsable de traque, Julien dispose d’une petite meute pour aller « au combat » et peut également tester de nombreux accessoires pour chiens. Sa parfaite maîtrise des carabines, optiques et munitions ainsi que des problématiques d’aménagement du territoire fait de lui un référent technique unanimement reconnu.

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